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Mon homosexualité, mon combat en Algérie…

Publié le par Gays,clips,infos

Mon homosexualité, mon combat en Algérie…

Mon homosexualité, mon combat en Algérie…

De nos jours, plus de six pays condamnent les individus homosexuels à la peine de mort. L’Arabie Saoudite, le Nigeria, le Soudan, la Mauritanie, le Yemen et l’Iran ont pour seul point commun « l’islam ». Voilà la raison majeure pour laquelle l’homosexualité est un tabou imposant au sein de la société Algérienne.

Vêtu d’un slim gris, d’une chemise rose et d’un petit veston gris, Imed parcourt Alger, sa ville, mais toujours avec une boule au ventre. Il lui suffit de marcher dans la rue, se dandinant légèrement, pour essuyer de lourdes critiques. « Yal halwa », « yal nokch », « ma ta7chemch », « yekhi mriwa » sont devenus des « bonjour, bonsoir » pour ce jeune homme étudiant en stylisme, comme si son homosexualité était notée sur son front et donnait le droit de se faire rabaisser. « J’ai réussi professionnellement en allant en France, car là bas je suis reconnu en tant que personne et non en tant que gay » témoigne Imed, 26 ans, styliste. Car oui, en plus d’être insultés dans la rue, les homosexuels rencontrent des obstacles dans le monde du travail et se retrouvent confrontés à des situations humiliantes. « Malheureusement ici la réputation des gays s’est beaucoup trop entâchée et ils deviennent connus pour leurs allures débridées et leur facilité à conclure pour de l’argent » ajoute notre styliste en herbe. C’est ainsi, la réputation des homosexuels en Algérie repose sur une série de clichés, aux yeux des Algériens, ils ne sont que des gens dépourvus d’honneur et de dignité. Ces individus sont, sans cesse, confrontés à des jugements de premiers abords et sont associés aux gens de la nuit et de la débauche.

Choix contrariés

Difficile d’assumer cette sexualité dans un pays très religieux, où l’islam est religion d’état. D’autant plus lorsque l’islam interdit totalement les relations sexuelles ou amoureuses entre deux individus du même sexe. « Ça me répugne de les voir. Dieu a dit que l’homosexualité était un acte haram et qu’il fallait punir ceux qui osaient se dire homosexuels » raconte Skander, 28 ans, bijoutier. Avec une constitution s’inspirant majoritairement du Coran, les lois ne sont pas forcément douces avec les homosexuels et les obligent à se cacher voire à mener une double vie pour éviter d’être emprisonnés. La prison pour avoir aimé, c’est ce que risquent les gays en Algérie pris en flagrant délit. Il sont alors passibles de peines allant de 2 à 3 ans d’emprisonnement. Emprisonnés pour un crime qui ne fait de mal à personne ? Emprisonnés pour mener la vie à laquelle ils aspirent ? Emprisonnés pour avoir le courage de s’assumer ? N’est-ce pas là une punition un peu trop sévère ?

Samir, un jeune étudiant aux Beaux Arts âgé de 23 ans partage ses rêves dans une pièce remplie de tableaux bien tristes et sombres. « Les lois 333 et 338 du code pénal sont injustes. Nous ne sommes pas libres de circuler normalement et nous avons constamment peur de nous faire prendre. Nous n’avons pas choisi d’être ainsi, mais nous le payons constamment » raconte-t-il complètement désespéré. Comme lui, nombreux sont ceux qui déplorent ces lois discriminatoires et injustes. « Nous ne voulons pas changer les lois, nous demandons juste un peu de respect » poursuit Samir la tête baissée. Vivre dans un pays musulman, très attaché à sa religion et à ses principes est difficile pour ces jeunes hommes et femmes en quête d’un peu de reconnaissance et de respect. « On m’appelle le garçon manqué, parce que je suis différente. » confie Mariah, 20 ans, étudiante en commerce. « C’est un crime d’aimer les femmes ? Non je ne pense pas ! En tout cas je me sens mieux en leur présence et c’est ça l’essentiel pour moi. » continue-t-elle avec un grand sourire.

S’épanouir malgré tout…

Au-delà du grand mal être qu’ils éprouvent par rapport au rejet de la société, certains d’entre eux ont enfin trouvé leurs marques et se sentent épanouis. Passer par les doutes, les peurs, les attirances pour le même sexe, les questions, puis le coming-out, la réactions des proches, la perte de proches, la réaction des gens, etc. ne fait que solidifier leur caractère. Ces Algériens avancent alors vers une vie plus sereine et joyeuse. Les lois ne sont plus un obstacle et ces personnes, tout à fait normales, construisent une vie professionnelle riche et décident de vivre leur amour pour le même sexe dans l’intimité la plus extrême. «La société algérienne n’est pas aussi différente des autres sociétés. Elle nous interdit de nous exhiber en public, mais vivons heureux, vivons cachés », estime la jeune Miryam âgée de seulement 19 ans. «J’aime les hommes et les femmes, et personne ne m’empêche de vivre ma vie dans l’ombre. Je ne demande pas à être reconnue, je demande juste qu’on me fiche la paix.»

Ayant compris qu’un pays musulman ne reconnaîtrait jamais de telles pratiques, les homosexuels algériens ont décidé de vivre dans l’ombre et heureux sans trop demander de droits supplémentaires malgré la journée qu’ils ont revendiqué en 2012 et qui a été suivie d’un échec cuisant. Désormais les choses sont claires et les seules réclamations qu’ils peuvent faire pour l’instant restent celles qui demandent le « respect » de la part du peuple algérien et surtout un peu d’ouverture d’esprit.

source:http://focuselles.com

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