Manifs contre le mariage gay: le Bloc identitaire...
Manifs contre le mariage gay: le Bloc identitaire veut rafler la mise
Alors que diverses manifestations sont prévues à Paris le 5 mai, ce groupe d'extrême-droite cherche à profiter du climat politique actuel. Selon les spécialistes, sa stratégie diffère de celle d'autres organisations, plus violentes.
D'ordinaire théâtral dans sa manière de jouer sur la "provoc", le Bloc Identitaire (BI) semble se faire plutôt discret dans les manifestations contre le mariage gay. Comme s'il voulait se démarquer d'autres groupuscules d'extrême-droite (GUD, Renouveau Français, Jeunesses Nationalistes, Action Française, Printemps Français...), accusés d'attiser la violence. Ainsi, sur les 250 personnes interpellées, ces dernières semaines, en marge des manifestations parisiennes, moins d'une dizaine, selon une source policière, appartenaient au BI. "Ils se font beaucoup moins remarquer que les autres", constate cette même source.
Le terme de "casseurs", employée à leur propos par le député socialiste Yann Galut, le 26 mars, sur Twitter, serait-il donc injustifiée? Le ministre de l'intérieur lui-même, Manuel Valls, n'a pas cité le BI quand il a accusé trois organisations radicales d'avoir prémédité des actions violentes. Du coup, les responsables du BI ont porté plainte contre Yann Galut. "Il voit une photo où certains de nos militants ont les bras en l'air et il assimile cela à des signes nazis, ironise Fabrice Robert, fondateur et président du Bloc. En outre, il est hors de question d'être assimilés à des casseurs. Avez-vous vu des vitrines brisées ou des commerces vandalisés sur les Champs-Elysées après la manifestation du 24 mars? Moi, non! "
Recherche de médiatisation
Les spécialistes de ces mouvances le confirment: la stratégie du BI, qui revendique 2000 adhérents, se distingue de celles d'autres mouvements d'extrême-droite avec lesquels il assure d'ailleurs être en froid. "Nous pouvons nous enorgueillir d'avoir créé un mouvement politique nouveau, moderne, en rupture avec le folklore nationaliste de ces groupuscules qui n'ont pas évolué depuis un siècle", insiste Robert.
L'exploitation du phénomène Manif pour Tous se fait donc de façon plus discrète et implicite, à distance des bagarres. "Le Bloc Identitaire recherche la médiatisation, analyse le politologue Jean-Yves Camus, fin connaisseur de l'extrême-droite. Ses membres n'ont aucun intérêt à chercher l'affrontement avec les CRS tard le soir après une manifestation, et de prendre ainsi le risque d'une dissolution du groupe. Non, ils se greffent aux cortèges et disséminent leurs idées". Fabrice Robert, présent dans les cortèges parisiens, ne s'en cache pas: "Nous y avons vu beaucoup de jeunes de droite non politisés, c'est intéressant pour nous. On sent une volonté de rupture avec le gouvernement Hollande. Il y a clairement une faille dans laquelle s'engouffrer, parce que le curseur est en train de se déplacer très à droite ".
Médiatiser des actions spectaculaires
Le BI a pris de l'ampleur depuis sa création il y a dix ans. Il s'est surtout développé autour de trois places fortes: Nice, son "bastion" le plus actif baptisé Nissa Rebela; Lyon, avec son groupe de jeunes appelé Reybenes; et à un degré moindre Paris, qui s'appuie surtout les jeunes du Projet Apache. Des bases locales existent également à Bordeaux, Toulouse et Nancy. "Il procède en médiatisant un maximum d'actions spectaculaires, relayée ensuite sur les réseaux sociaux, décrypte Camus. Il développe une méthode de propagande moderne, très fortement basée sur l'image". Le politologue fait notamment référence à l'occupation symbolique du toit de la mosquée de Poitiers par des militants identitaires en octobre 2012. Ces derniers avaient alors déployé une banderole en hommage à la victoire de Charles Martel contre les Arabes, en 732. Quatre d'entre eux avaient été interpellés.
Selon les militants, ce type d'opération vise à défendre un triple engagement: le rejet de l'immigration massive et de "l'islamisation" ; la mise en valeur d'un " régionalisme local, national, européen " en opposition à la mondialisation ; la réaffirmation d'une identité française fondée sur les "droits du sol". Dès lors, Fabrice Robert promet d'autres actions "visibles": "Le combat contre le mariage pour tous est loin d'être fini et nous seront là le 5 et le 26 mai pour manifester. A côté de ça, nous travaillons sur différents projets en réponse à ce putsch législatif du gouvernement".
source:.lexpress.fr/
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