Un homosexuel agressé par son voisin
Un homosexuel agressé par son voisin
Saint-André-les-Vergers - Alors qu'il rentrait du travail, un homme de 39 ans a été agressé par son voisin dans leur hall d'immeuble, à cause de son homosexualité
Antoine* se sent SDF et pourtant il est propriétaire de son appartement à Saint-André-les-Vergers. C'est que depuis une semaine, il vit chez des amis, avec son compagnon Sylvain*. Il a déménagé temporairement, pour éviter d'avoir à croiser son voisin du dessous dans la cage d'escalier.
Et dans sa tête, depuis, défile cette fin d'après-midi du 29 mai. Alors qu'il rentre chez lui, après une journée de travail, Antoine est attendu. Par le voisin en question. « J'ai relevé mon courrier, ouvert la porte du hall d'immeuble et je n'ai eu le temps que de voir cette batte de base-ball s'élever au-dessus de ma tête. Ce voisin à qui je n'ai jamais parlé, que je ne connais pas, m'a agrippé par le bras et a brandi son arme et me hurlant dessus. » Antoine ne comprend rien à ce qui lui arrive. Les phrases aboyées à son visage lui reviennent dans le désordre : « Dans d'autres pays, les gens comme vous, on les exécute. » « Enlève tes lunettes que je te casse la gueule. » « Vous les homos, je vais vous crever. » « Vous méritez d'être brûlés. » Seul Sylvain, son compagnon qui l'attend au quatrième étage, ouvre la porte et l'entend crier. Il appelle la police. Personne d'autre, d'après Antoine, ne sortira de son logement malgré les cris. « À un moment, j'ai cru que j'allais y passer », affirme Antoine.
« Les gens à leur fenêtre riaient »
Mais lorsque la femme de ménage descend les marches qui la séparent du vacarme en essayant de raisonner le voisin, Antoine arrive à se dégager de son emprise et sort dans la rue. « Il y avait des gens à leurs fenêtres, certains riaient. » Pourquoi ce voisin qui n'avait jamais frappé à leur porte a-t-il attrapé une batte de base-ball ce jour-là ? « Un jour, peu avant le 1er mai, on s'est fait insulter à travers le mur, assure Antoine. Il disait qu'on faisait trop de bruit. Alors on a baissé le ton. J'ai reconnu la voix de cet homme. Mais à part ça, on n'a jamais échangé, on ne se connaît pas. »
La police arrive et se rend chez l'homme mis en cause par Antoine. Mais si elle repart avec la batte, l'homme reste chez lui. Antoine et Sylvain, eux, font leurs valises. « On va vendre l'appartement. Franchement on ne peut pas rester dans cet immeuble. On y est allés plusieurs fois récupérer des affaires en coup de vent. mais c'est stressant. Et injuste. D'autant qu'on se fait toujours discret quand on sort. On n'en fait pas des tonnes. C'est inacceptable… »
* Les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat des victimes
source:lest-eclair.fr
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