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Tourcoing: Christian Vanneste dit m… au lobby gay
L’ancien député sort aujourd’hui « M… au lobby gay ! ». Un pamphlet dans lequel il règle ses comptes.
C’était il y a un peu plus d’un an, en pleine campagne des élections législatives. Alors qu’après avoir hésité à se représenter, Christian Vanneste obtient l’investiture de son parti, une interview qu’il donne au confidentiel site internet Liberté politique.com de la Fondation Service Politique, dans laquelle il est question de la déportation des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale, déclenche une polémique qui lui fait perdre cette investiture. Bien que ses propos soient tout de suite confirmés par des historiens, Nicolas Sarkozy, en personne, le condamne publiquement sur le plateau du 20 heures de TF1. On ne veut pas d’homophobe à l’UMP à la veille de la présidentielle. L’homme se présente quand même dans la dixième circonscription, mais perd il l’élection au profit de son ancien poulain, Gérald Darmanin. Cette exclusion du paysage politique, après trente ans au service de sa ville et de sa circonscription, Christian Vanneste ne l’a toujours pas digérée. D’où ce pamphlet qui aurait aussi bien pu s’appeler M… au lobby gay et à l’UMP.
Dans son livre, Christian Vanneste commence par convoquer Guy Béart avec sa chanson La vérité. « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté, j’ai l’impression qu’elle parle de moi », écrit l’ancien élu. Le décor est planté. Christian Vanneste va démontrer que ses propos son exacts et qu’il a été exécuté. Qui sont les bourreaux ? La presse, ses ennemis, ses amis, puis il y a « le coup de grâce présidentiel ». Christian Vanneste parle d’une lente agonie. « Mon parti, comme toute mafia qui se respecte (dixit Fillon), décidera de mon exécution, en me retirant une investiture qu’elle m’avait donnée quelques semaines auparavant. Elle désigna un « tueur » : le jeune apparatchik que j’avais fait monter de Paris à Tourcoing et installé à ma place à la tête de l’opposition municipale, pour m’épauler, évidemment pas pour me trahir d’une manière aussi minable. » Elle ? C’est l’UMP. Le jeune apparatchik ? C’est l’actuel député UMP, Gérald Darmanin, que Christian Vanneste ne nomme jamais.
Un lobby très puissant
« Je n’ai rien contre les homosexuels ou ceux qui se croient tels, mais je refuse qu’on m’impose des idées fausses ou absurdes pour détruire un peu plus la société dans laquelle je vis le pays que j’aime. » Dans la suite de son pamphlet, Christian Vanneste s’attache à démonter les accusations d’homophobie, en remontant jusqu’à 2004 et à ses déclarations à l’Assemblée nationale sur le comportement homosexuel, lors du débat sur la loi instaurant la Halde. « On m’avait dissuadé d’intervenir, explique Christian Vanneste. Je m’étais juste inscrit « sur l’article », une prise de parole « facultative ». Invité à dîner par le ministre Xavier Darcos, il me persuade d’aller remplir mon devoir », découvre-t-on dans l’ouvrage. L’ancien élu revient sur son raisonnement, qu’il qualifie de philosophique, défend sa liberté de pensée, et rappelle qu’il n’a finalement pas été condamné. « Mais la puissance du lobby auquel j’avais eu l’audace de m’attaquer annulera le bénéfice politique de cette décision. »
Mais qui est ce lobby gay ? Dans son pamphlet, Christian Vanneste cite à plusieurs reprises l’association Gay Lib, liée à l’UMP. Mais il affirme aussi que le lobby gay « était très présent à l’UMP, dans l’entourage de celui qui deviendra président de la République, sans doute chez ses généreux donateurs, chez les élus et surtout parmi les apparatchiks. » Ce lobby aurait aussi, selon Christian Vanneste, poursuivi son travail de sape en 2007, lorsque le député a été réélu sous l’étiquette CNI. L’UMP ne lui avait pas donné l’investiture, car la Cour de cassation n’avait pas encore annulé sa condamnation en première instance pour ses propos de 2004. Mais elle ne lui avait mis aucun candidat face à lui. Une vaste hypocrisie. D’autant qu’une fois rendue la décision de la Cour, le député avait bien retrouvé l’étiquette UMP, mais pas le soutien du parti. « Mon troisième mandat sera un chemin de croix, de Lorraine », explique Christian Vanneste. Il dit même être réduit à « l’autocensure » à l’Assemblée. « Je m’interdis d’intervenir dans l’hémicycle sur la proposition du député socialiste Patrick Bloche visant à instaurer le mariage entre personnes de même sexe. »
La suite, on la connaît : Christian Vanneste s’est peut-être autocensuré à l’Assemblée mais pas quand il a répondu aux questions du site de la Fondation de Service Politique. Et il a perdu son mandat en 2012. « Dans cet assassinat du sérail, mes « voisins » nordistes, les satrapes de Lambersart et de Marcq-en-Barœul joueront un rôle particulièrement moche qui ne m’a en rien étonné », dit l’ancien parlementaire. Son pamphlet pose au moins deux questions. La première est celle de la liberté d’expression. Christian Vanneste a-t-il été sacrifié sur cet autel au nom de la chasse aux homophobes ? Si tel est le cas, soulignons que Gay Lib vient de se détacher de l’UMP après le débat sur le mariage pour tous, pendant lequel on a entendu des bêtises sans commune mesure avec les propos philosophiques de l’ancien député tourquennois. La deuxième question est bien sûr celle de la place des lobbys dans les coulisses du débat politique. Elle n’est pas nouvelle, concerne bien des sujets et renvoie même à une troisième question dont on n’a pas fini de faire le tour, celle de la moralisation de la vie publique.
« M… au lobby gay » aux éditions Mordicus (4,95 euros)
source:.lavoixdunord.fr
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