Témoignage. Lucile, 19 ans.
Témoignage. Lucile, 19 ans.
« Mes parents m’ont foutu dehors parce que je suis lesbienne »
Je me prénomme Lucile, je viens d’avoir 19 ans et je suis lesbienne. Je vis à Marseille et je fais des études de droits à la faculté.
Je me souviens que j’éprouvais déjà un sentiment étrange envers les filles quand j’étais petite. Je ne regardais pas les garçons ou tout du moins je ne ressentais pas la même chose. Mon attirance pour les filles s’est accentuée en grandissant, à l’adolescence surtout. La période où tout le monde se cherche un peu.
A l’âge de 16 ans, j’ai dit à mes ami(e)s que j’aimais les filles. Ils ont tous bien réagis sauf une fille, qui a décidé de ne plus me parler car je la dégoutai.
Ensuite, j’ai décidé de le dire à mes parents et à mon frère en leur écrivant une lettre. Ce jour-là, ce fut le jour le plus horrible de ma vie. Mon père a déchiré la lettre, il était fou de rage et ma mère pleurait. Quant à mon frère, il est resté silencieux. Mon père a hurlé des choses atroces : « Je ne veux pas d’une gouinasse chez moi, tu es folle. Faut te faire soigner. Qu’es ce qu’on t’a fait pour que tu sois gouine ?! Regarde dans quel état tu mets ta mère à cause de ta folie ! » Puis il m'a giflé ! Je voyais ma mère pleuré comme si c’était très grave et que le monde s’écroulait. J’étais déçue de leur comportement, je m’attendais à ce qu’ils soient retissant mais pas qu’ils réagissent aussi violemment. Mon père a continué en me disant : « Tu n’es plus ma fille, alors maintenant soit tu sors avec des garçons comme les autres filles soit tu prends la porte ! » Je lui ai répondu que j’étais bel et bien lesbienne et que je n’aimais pas les garçons. Il m’a donc mis à nouveau une gifle puis m’a balancé une valise pour que je puisse mettre mes vêtements et partir. Le regard de mes parents était froid et ils me regardaient avec du dégoût !
J’étais en pleurs, blessée, déçue, écœurée de leur réaction violente ! Je suis donc partie. Mon père m’a claqué la porte au nez et m’a dit de plus jamais revenir. Ne savant pas où aller, je suis allée chez une amie puis je lui ai expliqué la situation. Elle m’a accueilli les bras ouverts et m’a demandé d’être sa colocataire. Elle en cherchait une donc j’ai eu beaucoup de chance. Elle m’a tendu la main lorsque j’en avais besoin. Sans elle, J’aurai pu me retrouver dans la rue. C’est une vraie amie !
Mes parents ? Je n’ai pas de nouvelles d’eux ! Ils ont tiré un trait sur moi et ne veulent pas entendre parler de moi. Et de toute façon, je ne suis pas prête de leur pardonner ce qu’ils ont fait ! Seul mon frère me parle et a bien accepté la situation. J’avance dans la vie sans mes parents à mes côtés, c’est dur mais je ne compte pas m’apitoyer sur mon sort et je compte vivre ma vie comme JE VEUX! Que ça plaise…ou non.
Lucile.
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