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Témoignage. Grégory, 18 ans.

Publié le par STOP HOMOPHOBIE

Témoignage. Grégory, 18 ans.

Témoignage. Grégory, 18 ans.

«J’ai vécu l’enfer lorsque mes parents ont su que j’aimais les garçons ! »

Bonjour, je m’appelle Grégory, j’ai 18 ans et je souhaite témoigné au sujet de mon coming-out qui s’est très mal passé.
J’ai commencé à dire à mes ami(e)s que j’aimais les garçons. Ils étaient un peu surpris au début mais ils l’ont très bien accepté par la suite. Ce qui ne fut pas le cas de mes parents, hélas ! Une fois que mes ami(e)s l’ont su, j’ai décidé de le dire à mes parents. Evidemment, c’était plus difficile de le dire à mes parents qu’à mes ami(e)s. J’ai écrit une lettre à mes parents, je ne me sentais pas la force de leur dire comme ça. Donc je leur ai écrit en leur disant que j’aimais les garçons, que j’espérais qu’ils comprendraient et qu’ils me soutiendraient et m’aimeraient toujours. Ma mère se décomposait au fur et à mesure qu’elle lisait la lettre. Elle n’a dit aucuns mots et elle a donné la lettre à mon père. Je suis partis dans ma chambre en attendant de savoir ce qu’ils allaient me dire. Leur réaction n’a pas du tout été celle à laquelle je m’attendais ! Mon père a crié « Viens ici toi, faut qu’on parle ! » Je suis donc sorti de ma chambre. Mes parents me regardaient méchamment, comme si j’étais un criminel ! Et mon père m’a dit : « C’est une blague cette lettre ? Ne me dis pas que c’est vrai ! T’es pas un pd quand même, pas toi bordel. » Je lui ai donc répondu que je n’étais pas un Pd mais que j’étais homosexuel ce n’est pas pareil et que oui j’aimais les garçons mais que je suis resté toujours le même ! Mon père m’a mis un coup de pied pour la réponse que je lui avais donné. Quand à ma mère, elle m’a dit : « On ne veut pas entendre parler de ta vie et tu n’as pas intérêt à ramener un garçon ici ! » Ce jour-là, je suis resté dans ma chambre, j’ai beaucoup pleuré tellement leur réaction m’avais fait mal au cœur.

Les jours qui ont suivi n’ont pas été plus joyeux, au contraire, c’était de pire en pire ! Ils ont complètement changé d’attitudes. Mon père me traitait sans arrêt de «Pd, tafiole, pédale…». Ma mère m’ignorait. Je ne me sentais vraiment pas bien ! J’avais l’impression d’être un criminel alors que j’avais juste une préférence pour les garçons ! Mes parents ne m’autorisaient à manger que du pain et des légumes avec un verre d’eau. Je n’avais pas le droit de manger des sucreries ni de frites ou pâtes et pas de viandes, c’était une punition. Je n’avais plus le droit de sortir sauf pour aller en cours et passer mon BEP Carrière sanitaire et sociale. Ma mère m’avait forcé à voir un médecin mais le médecin lui a dit que ce n’était pas une maladie, qu’il n’y avait rien à faire à part me laisser vivre ma vie, que ce n’était pas un choix, que c’était comme ça ! J’ai souris au médecin car je voyais qu’il était compréhensif et ça me faisait du bien ! Ma mère est sortie du cabinet en disant que ce médecin était complètement nul. Moi, j’étais ravi !

Au bout de quelques semaines, j’avais enfin 18 ans ! Je n’ai bien évidemment pas fêté mon 18ème anniversaire ! Cela aurait dû être un anniversaire génial à cet âge-là ! Mais bon, J’attendais ce moment pour pouvoir partir. J’avais mon portable dieu merci. J’ai pu passer un coup de fil à une copine pour lui expliquer la situation et elle m’a dit qu’elle serait d’accord pour que je sois son coloc’ si je le souhaitais. J’étais très content de cette proposition. Mais j’ai attendu la fin du mois de juin pour pouvoir passer mon BEP que j’ai eu malgré la tristesse que j’avais au fond de moi. Début juillet, l’année dernière, j’ai commencé mes valises et j’ai dit à mes parents que je partais dans 2 jours. Ils m’ont retenu en disant que c’était hors de question mais je leur ai dit que j’étais majeur donc que je faisais ce que je voulais. Mon père et ma mère m’ont frappés en me disant que j’étais qu’un sale pd, que je suis un monstre et que je n’avais qu’à crever comme tous mes congénères ! Je suis donc partis en claquant la porte, soulagé de partir mais en larmes parce qu’il venait de se passer !

Depuis, le mois de juillet, je suis en collocation avec une amie. Je suis auxiliaire de vie sociale dans une maison de retraite. J’ai un petit copain, ça fait 6 mois que je suis avec lui. Mes parents ? Je ne veux plus les voir après tout ce qu’ils ont fait et de toute façon ils ne prennent pas de signes de vie ! Je suis ENFIN heureux de vivre comme je le souhaite et je croque la vie à pleines dents!!!!

Grégory, 18ans.

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