Prières de Civitas devant le Sénat : mais que...
Prières de Civitas devant le Sénat : mais que fait Manuel Valls ?
L’institut Civitas, groupuscule catholique intégriste, a appelé ses troupes à se rassembler devant le Sénat, qui débat actuellement de la loi sur le mariage pour tous, et à prier devant le Palais du Luxembourg plusieurs jours de suite si nécessaire. Un chemin de croix est même prévu. On ignore encore s’il y aura des auto-flagellations publiques…
Jeudi, un sympathisant de Civitas a même déclaré à la presse : « La France mérite châtiment si elle autorise le mariage des sodomites ». Retour au Moyen Age… Et pourquoi ne pas rallumer les bûchers et rétablir la Sainte Inquisition ?
Le mouvement dirigé par le belge Alain Escada, qui fait appel au « secours divin » dans sa croisade contre l’égalité des droits pour les couples de même sexe et pour qui « l’homosexualité est un mauvais penchant qu’il faut corriger », avait déjà organisé une veillée de prières devant l’Assemblée nationale, le 29 janvier dernier, provoquant la colère et l’indignation de plusieurs députés.
Le sénateur PS de Mayotte, l’ancien bâtonnier Thani Mohamed Soilihi, s’est étonné, à juste titre, que de telles prières soient autorisées. Il a rappelé que les prières de rue avaient été interdites depuis le 16 septembre 2011, au nom de la laïcité. Cette interdiction avait été instaurée par Pierre Guéant, alors ministre de l’Intérieur. Elle visait surtout les fidèles musulmans, comme le rappelle le sénateur : « Cette interdiction ne saurait s'appliquer qu'aux musulmans de ce pays, au nom cette fois-ci du principe d'égalité ».
Je m’étonne également que les pouvoirs publics puissent faire preuve, actuellement, d’un tel laxisme dans ce domaine. La loi n’est-elle pas sensée s’appliquer à tous sur le territoire français ? D’autant plus que si les catholiques intégristes de Civitas prient devant le Sénat, c’est pour faire pression auprès des sénateurs contre une loi qui ouvre le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Ils prient contre l’égalité des droits d’une partie de notre population. Ce n’était pas le cas pour les fidèles musulmans qui étaient souvent contraints de prier dans la rue, faute de locaux disponibles indispensables à la pratique de leur culte.
Pour ma part, j’estime qu’il s’agit d’une grave atteinte à la laïcité. Le fanatisme religieux, quel qu’il soit, n’a pas sa place dans l’espace public et encore moins devant le Sénat ! La République ne peut pas tolérer de tels agissements ! Il est temps que les pouvoirs publics prennent conscience du danger réel que représente Civitas. Mais qu’attend donc le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pour mettre un terme à ces provocations ? C’est une question qui mérite d’être posée.
Il faut également à souligner que Civitas est loin de représenter l’ensemble des catholiques. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, avait même déclaré : « Civitas est un groupe borderline, intégriste (…) mélange des courants les plus extrêmes et quelques casseurs pour faire bonne mesure ». Il est pourtant un opposant acharné au mariage pour tous.
Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités, les mesures qui s’imposent. Au nom de l’égalité de traitement entre toutes les religions. Si les catholiques intégristes souhaitent prier et exprimer leur « sainte colère », qu’ils le fassent dans un lieu approprié. Ce ne sont pas les églises qui manquent à Paris !
Les citoyens que nous sommes ne doivent pas supporter plus longtemps leurs débordements et leurs discours homophobes !
Giuseppe Di Bella
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