Pau: le mariage pour tous, c’est leur mariage à...
Pau: le mariage pour tous, c’est leur mariage à eux
Pierre Hurbain entend se marier à Mathieu dans la Cité royale. Mais la lenteur des débats et de la loi va repousser la noce.
Le débat tant passionné est enfin arrivé à la chambre haute. Après une adoption par l’Assemblée nationale, le projet de loi sur le mariage pour tous est examiné à partir du jeudi 4 avril au Sénat. S’il est validé, il devra à nouveau faire escale au Palais Bourbon pour enfin entrer en application.
Un très long accouchement qui a des conséquences pratiques insoupçonnables pour les couples homosexuels qui songent dès à présent au passage devant Monsieur le maire.
C’est le cas de Pierre Hurbain et son fiancé Mathieu qui, après avoir pensé se marier cette année, tablent désormais sur l’automne 2014. "On ne peut rien prévoir puisqu’il faut attendre le décret d’application. Cela veut dire qu’on ne peut pas entamer le processus juridique avec publication des bans, etc. Mais surtout qu’on ne pourrait pas fixer de date précise si on choisissait de se marier dès cette année."
Les deux tourtereaux ont donc repoussé la noce à l’année prochaine et ils en auront besoin.
Le Palois Pierre Hurbain entend en effet organiser un bal à nul autre pareil. "On a déjà les témoins, il y aura entre 150 invités et 200 invités. Des copains de fac', des Béarnais, des Parisiens, et même des Basques !" Le presque quarantenaire originaire d’Ousse a même déjà pensé à un petit écrin sans prétention : "l’idéal ce serait le palais Beaumont !"
Une salle à la mesure de la demande en mariage qu’a reçue ce responsable de la sécurité du musée Rodin à Paris. Pierre s’est en effet fiancé à Mathieu après que ce dernier l’a magistralement demandé en mariage en décembre sur la romantique place des Vosges. "La plus béarnaise des places parisiennes" souligne Pierre qui n’est pas sans ignorer qu’elle a été pensée par Henri IV.
Installé depuis plusieurs années dans la capitale, Pierre le Béarnais n’a jamais oublié le bon roi ni sa terre natale. Son accent pointu ne le laisse pas présager mais son béret vissé sur la tête vient parfois le rappeler à ses collègues de travail.
Le culte de Labarrère
Si bien que lorsqu’il a fallu trouver une mairie pour se passer la bague au doigt, la discussion a tourné court. "J’avais très envie de me marier à Pau. Lui un peu moins parce qu’il est Parisien mais je tiens absolument à me marier chez moi."»
La scène, le costaud de Rodin l’a déjà gravée dans le marbre. "Je me vois en marié à Pau, dans la salle des mariages à l’hôtel de Ville. Tout ce que je regrette, c’est que ce ne soit plus André Labarrère…"
L’ancien édile que Pierre porte haut dans son cœur, non pour son homosexualité revendiquée, mais plutôt pour le « personnage hors du commun ». "Je l’ai rencontré plusieurs fois quand j’étais dans des associations étudiantes. C’était un homme brillant, très abordable, qui avait beaucoup d’humour."
Un trait de caractère que partage volontiers le Béarno-Parigot, qui aura dû compter sur un autre proche de François Mitterrand pour voir le mariage homosexuel s’immiscer dans le débat politique.
"Le projet de loi sur le mariage homo m’a aidé à être plus convaincu par Hollande, explique le futur marié. J’aurais sans doute plus hésité s’il n’y était pas."
Depuis, le débat né de cette proposition a fait son chemin dans la rue et au parlement. La discussion a tourné au vinaigre et Pierre regrette la violence de certains arguments.
Même s’il estime qu’ils ont eu le mérite de tomber les masques : "Ce mouvement est issu d’une certaine homophobie, assène-t-il. Il faut appeler un chat un chat. Si on refuse un droit aux femmes, on est sexiste, si on refuse un droit aux juifs, on est antisémite. Et si on refuse un droit aux homosexuels ?"
Source : sudouest.fr
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