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Mariage pour tous : bientôt la quille à...

Publié le par STOP HOMOPHOBIE

Mariage pour tous : bientôt la quille à...

Mariage pour tous : bientôt la quille à l'Assemblée

Reportage Après l'adoption des principaux articles et malgré la tentative de l'opposition de faire traîner le débat, la discussion s'accélère. Les députés pensent finir l'examen du texte cette nuit ou samedi.



Le cap des cent heures de débat parlementaires franchi... et bientôt la quille. Les membres de la majorité et du gouvernement ne se hasardent pas à donner une deadline trop précise mais espèrent terminer l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, tard dans la nuit de vendredi à samedi. Au pire, dans la journée de samedi.

«Tout conduit à penser que nous pourrons être dans nos circonscriptions dimanche», table le président (PS) de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas, en comptant large. Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, veut à son tour «rester prudent. Mais c'est vrai que le rythme s'est accéléré». Après l'examen de l'article 4 bis, précisant l'emploi de «père» et «mère» comme «parents» dans divers codes – Défense, famille, outremers, etc -, le climat s'est nettement détendu. En fin de journée vendredi, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a offert aux députés de la majorité, en «clin d'oeil à la 100e heure», un livre pour enfants sur la «diversité des familles». Le socialiste Urvoas s'empresse d'aller faire dédicacer son ouvrage par Hervé Mariton, l'infatigable orateur UMP: «Notez bien 17h33. Comme quand on passe le Cap Horn!»

La ministre de la Famille salue «la persévérance et la mobilisation des députés de la majorité» et remarque que dans ce marathon parlementaire, «on a épuisé tous les arguments». Dans la matinée, la majorité avait déjà affiché sa lassitude et lancé un «appel à la responsabilité» de ses collègues UMP pour qu'ils lâchent prise. «Nous ne voulons utiliser aucun artifice de procédure qui pourrait laisser penser que nous refusons le débat. Mais depuis une dizaine d'heures, ce débat se poursuit à vide», avait expliqué le patron des députés PS, Bruno Leroux, aux côtés de ses collègues EELV, Front de gauche et PRG.
«On pourrait tenir jusqu'à lundi si on voulait!»

De fait depuis le début de la journée, l'opposition, engagée jusqu'alors dans une guerre d'usure, a laissé filer plusieurs séries d'amendements identiques. Sans désarmer, prévient le président du groupe UMP, Christian Jacob: «Tout le monde sait qu'on pourrait tenir jusqu'à lundi si on voulait!» Cet après-midi, les élus de droite sont d'ailleurs revenus à la charge sur la gestation pour autrui (GPA) et sur l'avis du Conseil d'Etat qui a examiné le projet de loi fin octobre. Mais «les articles les plus importants, 1 et 4, ont été adoptés. Il ne faut jamais baisser la garde mais les autres articles sont moins centraux, donc on poursuit un peu plus vite», admet Mariton. Le député de la Drôme n'entend pas louper la journée de l'omelette aux truffes dans sa circonscription dimanche. Mais si la neige l'empêche de gagner Saint-Paul-trois-Châteaux, Mariton menace: «Il faudra bien que je trouve une activité!»

«Vu notre timing, il n'y a pas de raison que l'on soit là dimanche», calcule aussi son collègue Philippe Gosselin. Le député de la Manche, qui revendique le dépôt de 5000 amendements comme «un droit de tirage pour pouvoir prendre la parole», prévient les membres de la majorité et du gouvernement tentés de conclure à marche forcée: «Si les troupes en face sont arrogantes et veulent nous titiller, ça peut repartir pour deux heures.»
«Nous avons largement occupé le terrain avec nos arguments»

Aucun risque, tout glisse, personne ne bronche sur les bancs de gauche. A ceux de la majorité qui s'agacent de voir le débat traîner en longueur, Eric Woerth rappelle la discussion parlementaire houleuse sur sa réforme des retraites en 2010. «Ils avaient déposé aussi des milliers d'amendements, étaient venus avec leur écharpe tricolore, s'étaient baillonnés. Ils avaient fait preuve de mille fois plus de théâtralité», raconte l'ex-ministre du Travail. Mais la procédure dite du temps programmée, qui limite la durée du débat, avait été activée, ce qui n'est pas le cas sur le texte sur le mariage pour tous. «Il faut savoir mettre fin à la lecture d'un texte, reconnaît Woerth. Nous avons largement occupé le terrain avec nos arguments. On a fait ce qu'on devait faire, on va désormais passer le bébé à nos collègues sénateurs.»

Le vote solennel est prévu mardi à l'Assemblée, avant un examen du texte à partir du 18 mars au Sénat.


source:liberation.fr

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