Overblog Tous les blogs Top blogs LGBT
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Mariage homo à Toulouse : « On avait envie que...

Publié le par Gays,clips,infos

Mariage homo à Toulouse : « On avait envie que...

Mariage homo à Toulouse : « On avait envie que notre amour soit reconnu par l’Etat »

Samedi 15 juin, en parallèle de la marche des fiertés, Toulouse célèbrera son premier mariage entre deux personnes de même sexe : Eloïse Catalayud et Zoé Jan, pacsées en février 2013. Une douzaine de couples sont déjà positionnés pour se passer la bague au doigt jusqu’en septembre. Pour eux, c’est l’aboutissement d’une lutte pour la reconnaissance juridique de leur vie conjugale.

Douze couples sur les bans

Après les célébrations très médiatisées du premier mariage gay à Montpellier le 29 mai dernier, Toulouse organisera samedi 15 juin sa première cérémonie qui unira un couple lesbien devant l’actuel maire de la ville Pierre Cohen. Une première union en région Midi-Pyrénées le jour de la marche des fiertés (Gay pride étant une marque déposée).

« Cette année, la date du premier mariage coïncide avec la marche des fiertés : un moment solennel et important. » De quoi ravir Jean-Paul Makengo, adjoint au maire en charge de la diversité et du bureau d’état civil. Mais aucune cérémonie particulière n’est prévue.



« Le Pacs en mairie est quelque chose d’important. Il n’y a pas de raisons particulières pour qu’on arrête de les célébrer. »



A l’heure actuelle, douze unions sont déjà publiées aux bans, pour des mariages qui s’étaleront tout l’été. Une vingtaine sont en attente. Pour les premiers, comme Eloïse et Zoé, les dossiers avaient déjà été déposés fin mars, avant la promulgation de la loi Taubira.

Pour autant l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe ne remet pas en cause la célébration des Pacs en mairie, comme c’est le cas depuis 2008 à Toulouse selon Jean-Paul Makengo. «Le Pacs en mairie est quelque chose d’important. Il n’y a pas de raisons particulières pour qu’on arrête de les célébrer. Il ne concerne pas seulement les couples LGBT [NDLR, Lesbien, Gay, Bi et Trans].» Pour rappel, plus de la moitié des Pacs sont contractés par des couples hétéros.


Par amour d’abord

Zoé Jan, 28 ans, et Eloïse Catalayud, 25 ans, vivent ensemble depuis un an. Elles se sont pacsée en février 2013 et seront les premières mariées toulousaines le 15 juin. Jean Sakiroff, 54 ans, et Jean-Bernard Rul, 43 ans, eux, portent déjà 15 ans de vie commune. Pacsés en 2003, ils ont été les premiers à officialiser le pacte de solidarité en mairie, en 2008, à Toulouse. Ils se marieront le 6 juillet, entourés de proches, d’élus et de militants, mais surtout des deux fils de Jean.

Pour ces deux couples, le mariage est d’abord un choix de sentiment. « C’est un mariage d’amour avant tout et c’est toujours le même depuis 15 ans », s’enthousiasme le quinqua, sincère. « On avait envie que notre amour soit reconnu par l’Etat. Le Pacs ne donne pas la même reconnaissance que le mariage », confie pour sa part, Eloïse.

« Être les premières, ça rendait notre mariage encore plus fort, encore plus spécial. Ce ne sera pas le mariage de tout le monde.»

Pour Zoé, qui a milité dans une association LGBT de Bretagne – sa région d’origine -, se marier si rapidement n’est pas une décision militante. «Ça m’embêterait de lire dans un journal qu’on se marie par militantisme.» Mais, les deux jeunes femmes reconnaissent pour autant la portée de l’acte, après des mois d’opposition au mariage pour tous. «Il y a une part militante, dans le sens où c’est aussi pour fermer le clapet à tous les gens qui disent que deux personnes de même sexe ne sont pas sensées être ensemble», rajoute Eloïse.

« J’ai abandonné depuis longtemps l’union religieuse, la calèche, les paillettes, la licorne, etc. »

De son côté, Jean, employé à la mairie de Toulouse depuis 1987 et délégué régional de Homosexualité et socialisme, donne également des raisons pratiques à son mariage. « Le mariage représente une avancée en termes d’égalité des droits. On avait les mêmes droits à payer les impôts, mais pas à toucher les pensions de réversion, lors du décès du conjoint. On va aussi porter les deux noms, Sakiroff-Rul et Rul-Sakiroff, c’est important pour la vie de tous les jours, ça va résoudre beaucoup de choses dans les papiers.»


Homophobie, même pas peur

Après des débats houleux et un bras de fer très tendu autour du mariage homo entre opposants et partisans à la loi, les deux couples ont constaté avec amertume une décomplexion de la parole homophobe. « Les débats ont libéré les gens de leur homophobie, c’est ce que j’ai ressenti. On s’assume homophobe et ça m’a beaucoup énervé », assure Zoé. Pour autant, les futures mariées expliquent n’avoir jamais vécu ni rejet ni intolérance dans leur vie de tous les jours. « Dans le voisinage, tout le monde sait qu’on est ensemble, mais on a jamais eu de problèmes. Les gens sont toujours super sympas », estime quant à elle Eloïse.



D’ailleurs, ils ont toujours bien accepté leur sexualité depuis leur coming out. Une révélation très jeune à 12 et 14 ans pour Jean-Bernard et Jean, dans un contexte beaucoup moins favorable. « J’ai toujours assumé complètement depuis le début. Mais quand mes parents ont compris, à l’époque, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale et pas encore dépénalisée. A l’époque, c’était pas très gai», analyse ce militant de Homosexualité et socialisme.

Pour son fils aîné Mathieu, âgé de 29 ans, saisonnier, l’homosexualité de son père n’a jamais posé aucun problème. « Je l’ai appris, je devais avoir 15 ans sur la dune du Pyla. Je lui en ai voulu un peu au début : pas parce qu’il était homo, mais par rapport à ma mère» et d’ajouter : « Quelques mois après j’ai rencontré son compagnon et ça s’est très bien passé». Depuis, le jeune homme et son frère ont vécu avec leurs deux papas sans rejet particulier de la part de leurs amis.


Discrétion même sous le feu des projecteurs

Coïncidence, ce premier mariage lesbien à Toulouse, le jour de la marche des fiertés, a de grandes chances de réunir son lot de caméras et de télévisions, à l’image des mariés de Montpellier. « Je trouve ça encore plus merveilleux : c’est une raison encore plus forte de faire la fête pour l’égalité des homos», s’exclame Eloïse, qui précise cependant : « On espère ne pas être trop médiatisées non plus». Le couple est de nature réservée, et n’est pas habitué à être sous le feu des projecteurs. « J’ai abandonné depuis longtemps l’union religieuse, la calèche, les paillettes, la licorne, etc. », confie pour sa part Zoé.



Pour les deux compagnons de la région de Saint-Gaudens, le choix de la date du mariage est celui de la discrétion. « On a été les premiers pacsés à Toulouse en mairie en 2008, mais on ne voulait pas être les premiers mariés. Nos familles ne pouvaient pas s’approcher, ce n’était pas assez convivial. On a des parents âgés à qui ça fait peur. » Timide, Jean-Bernard, technicien péager a refusé les avances d’une célèbre émission de télévision et ses cinq jours de tournage. « On voulait un mariage intime », conclut-il. Ce sera chose faite.


Après le mariage, la filiation

Reste que pour eux, le combat n’est pas terminé. Militantes à leurs heures perdues, les futures premières mariées toulousaines comptent rejoindre prochainement l’association LGBT locale, Arc-en-Ciel. Sur le mariage pour tous, elle voit une loi a minima : « Il manque quand même la PMA [NDLR, Procréation médicalement assistée]. C’est une ouverture au mariage et à l’adoption, mais il manque vraiment maintenant la partie enfant, qui est quand même importante. Le mariage pour tous est un pas vers l’égalité, mais on n’y est pas encore. » Dans quelques années, les deux jeunes femmes espèrent fonder une famille.

« Je pense qu’il faut arrêter cette hypocrisie sur la PMA. »



« Je pense qu’il faut arrêter cette hypocrisie sur la PMA. » Jean Sakiroff, futur marié et engagé auprès de la cause homosexuelle depuis longtemps, dresse un constat similaire. Si son combat est ancien – adjoint au maire de Plaisance-du-Touch à la fin des années 1990, il a participé aux débats sur le Pacs en 1998-1999 en assistant à des séances parlementaires -, il est loin d’être abouti. Dès qu’il le peut, ce militant de la première heure apporte son soutien à l’association Le Refuge qui s’occupe d’offrir un toit aux jeunes homos expulsés de chez eux. Une autre bataille pour l’égalité.

source:http://carredinfo.fr

Commenter cet article