Mariage gay refusé à Arcangues (64): et si le...
Mariage gay refusé à Arcangues (64): et si le maire changeait d'avis ?
Le maire pourrait finalement déléguer son statut de « marieur » à des conseillères
Hier matin, il était en verve. « C’est une loi inique et immorale. Elle fait monter l’homophobie en France », clamait-il sur les ondes de France bleu Pays basque. « Je suis chrétien et cette loi, votée dans les circonstances que l’on sait, est quelque chose qui me choque […]. Je sais ce que je risque, j’y ai réfléchi, mais cela ne “m’émotionne” (sic) pas […]. Peut-être qu’il est plus facile de venir emmerder le maire d’Arcangues que de faire régner l’ordre à Marseille ou en Corse. »
Et puis, Jean-Michel Colo s’est tu. Dans l’après-midi, le maire d’Arcangues avait choisi de ne plus parler à la presse. Un changement de bord, auquel la préfecture n’est certainement pas étrangère. Car, après lui avoir envoyé une lettre sur laquelle figuraient les peines encourues (75 000 euros d’amende, notamment), l’État a avancé d’autres pions, profitant d’une proposition décente d’Isabelle Ben Mergui et Arbella d’Arcangues, deux conseillères municipales.
« Il est entré en réflexion »
Celles-ci ont en effet rencontré le maire pour lui demander une délégation de pouvoir. Leur but : être autorisées à devenir officier d’État civil, pour qu’Arcangues ne devienne pas une commune hors la loi. Sans cette délégation, le maire et ses adjoints sont les seuls habilités à célébrer des mariages.
Mais, par ces pouvoirs qui leur seraient conférés, de « simples » conseillères peuvent donc inviter les couples à se dire « oui ». Que ces derniers soient composés d’un homme et d’une femme, ou de deux personnes du même sexe, comme c’est le cas à Arcangues.
Ainsi, Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel peuvent encore y croire. Dès l’entame du bras de fer qui les oppose toujours au maire, ils ont annoncé leur souhait de ne rien lâcher… Quitte à saisir la justice pour parvenir, enfin, à se passer la bague au doigt. Or voilà qu’ils n’auront peut-être pas besoin d’un tribunal, comme le suggère le sous-préfet de Bayonne, Patrick Dallennes. « Il me semble que Jean-Michel Colo est entré en réflexion, indique le représentant de l’État. Je me suis entretenu avec lui. Je ne sais pas s’il s’apprête à accepter cette issue, mais il l’étudie. » Demain, le verdict du maire pourrait tomber. Et mettre un terme à la polémique née de son refus.
D’après Isabelle Ben Mergui et Arbella d’Arcangues, « l’ensemble des conseillers municipaux […] n’a pas été informé de [la] prise de position » de Jean-Michel Colo et de ses adjoints. « Le sujet n’est pas de débattre sur des convictions personnelles, mais de défendre le principe même de la démocratie, qui est de veiller, en tant qu’élues, au respect de l’application des lois votées », poursuivent-elles.
Comme Urrugne ?
Pas emballées par cette loi, les conseillères municipales n’en oublient pas son respect. Et tiennent à ne plus débattre de son contenu. Elles ajoutent que leur « démarche est totalement libre de toute appartenance à une communauté ou famille politique ». « En fonction de la réponse, on prendra nos responsabilités », annonce Arbella d’Arcangues. Selon elle, il ne s’agit ni d’une menace de démission (même si elle est probable en cas de « non » du maire) ni d’une façon d’entretenir la polémique.
Si le scénario espéré par Patrick Dallennes se confirme, Arcangues serait alors à ranger aux côtés de communes comme Urrugne, où la maire Odile de Coral s’est farouchement opposée à la loi avant de dégoter quelques volontaires au sein de son conseil, lorsque le texte fut voté.
(1) Elle faisait partie des 12 maires du Pays basque à avoir signé la pétition nationale du collectif Maires pour l’enfance contre le projet de loi relatif au mariage pour tous.
source:sudouest.fr/
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