L'ouvrier homosexuel était harcelé à l'atelier...
L'ouvrier homosexuel était harcelé à l'atelier municipal
Poitiers. L’agent retrouvait des affiches à caractère homophobe collées sur son casier au boulot. Son collègue est condamné à un mois de prison avec sursis.
Le plaignant c'est David (*), 60 ans, qui bosse aux ateliers municipaux de Poitiers depuis 1989. Il est homosexuel, ne le cache pas, ne l'affiche pas non plus. Le prévenu c'est Jonathan (*), 51 ans, employé municipal depuis 2003. Il s'est vite aperçu de l'orientation sexuelle de son collègue et, selon ce dernier, l'a harcelé sur ce thème à partir de 2009.
Le plus vieux fait souvent des remarques désobligeantes sur la qualité du travail du plus jeune. Ce dernier se venge en affichant, sur le casier de David, au vu de tous les collègues, à plusieurs reprises, des affiches où sont alignés des numéros de téléphone de messageries gays. Le harcèlement ira plus loin, avec des photos sans équivoque et un texte clairement homophobe. Choqué, David fait une dépression, et dépose plainte.
Jonathan est convoqué devant la justice une première fois en septembre 2012, dans le cadre discret d'une CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), où il est condamné à 100€ d'amende et à l'obligation d'accomplir un stage de citoyenneté. Une procédure qui ne suffit pas à David. « Il lui manque une réelle reconnaissance de son statut de victime et tous les faits révélés par l'enquête n'ont pas été utilisés », plaide Me Coutant, l'avocat du plaignant, qui explique pourquoi David poursuit à nouveau Jonathan, devant le tribunal correctionnel cette fois.
Enquête sommaire
« Il ne s'est pas senti soutenu par sa hiérarchie à la mairie de Poitiers, explique l'avocate. L'enquête interne avait été très sommaire. » Pourtant, selon elle, et selon des attestations recueillies depuis auprès de collègues de David, le harcèlement en raison de son orientation sexuelle ne fait pas de doute: la dernière affiche le prouve.
Jonathan nie l'homophobie. Reconnaît qu'il a bien affiché les numéros de messageries gays sur le casier de David, « une blague qui n'est pas d'un très haut niveau ». Il en veut lui aussi à sa hiérarchie « qui a laissé passer des accusations à tort et à travers ». Son avocat, lui, estime que la procédure de CRPC a déjà réglé le dossier, et réclame la relaxe dans un dossier « où la plupart des faits n'ont pas été prouvés ».
Le tribunal a retenu la culpabilité de Jonathan pour les faits de harcèlement moral et de violence à raison de l'orientation sexuelle. Il l'a condamné à un mois de prison avec sursis et à verser une provision de 1.000€ en attendant que le montant du préjudice moral de David soit fixé.
(*) Les prénoms ont été modifiés.
Source : lanouvellerepublique.fr
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