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Homoparentalité : nous n'observons pas de...

Publié le par STOP HOMOPHOBIE

Homoparentalité : nous n'observons pas de...

Homoparentalité : nous n'observons pas de différence dans le développement des enfants

Plus encore que le mariage ouvert aux homosexuels, c'est la question de l'homoparentalité qui trouble les opposants au projet de loi Taubira. Avoir des parents homosexuels nuit-il au développement de l'enfant ? Les pédiatres Isabelle Memmi et Marc Sznadjer nous répondent.

M., six mois, a de la fièvre depuis 12 heures ; il tousse, siffle en respirant, ne finit pas ses biberons ; ses parents sont inquiets. Il faut dire que c'est leur premier enfant, et ils demandent un rendez- vous rapide chez le pédiatre.

Rien de bien original à cette histoire de bronchiolite, sauf qu'ici les parents sont... deux mères. Elles auraient pu aussi bien être un père et une mère, ou deux pères. Dans tous les cas, la même sollicitude, la même angoisse face à la maladie de leur petit, les mêmes comportements de nouveaux parents, tout simplement.

Des attitudes de parents qui dépassent les clivages liés au genre

Nous sommes pédiatres et, à ce titre, constituons des observateurs privilégiés et quotidiens de ces relations parents-enfants. Nous constatons, une fois évacués nos éventuels préjugés respectifs, et le serment d'Hippocrate nous y invite, que les attitudes des parents transcendent les clivages liés au genre ou à la sexualité.

À l’instar de nombreux pédiatres et pédopsychiatres en France comme à l’étranger, nous ne distinguons pas réellement de différence de développement, à court terme, entre les enfants élevés dans tel ou tel type de famille, lorsque celle-ci est en harmonie, alors que nous en distinguons à coup sûr lorsque les couples sont en discorde.

Pour notre part, nous constatons que les enfants adoptés surmontent assez bien leurs traumatismes originaires dès lors que la famille est soutenante ; et l’habituelle crise identitaire du début de l’adolescence, dans une version un peu complexifiée du roman familial, rejoint néanmoins celle de tout enfant du même âge.

La polémique du droit à l'enfant : pourquoi maintenant ?

À plus long terme, des questions peuvent se poser, concernant notamment les modalités de l'identification sexuelle de ces enfants. Mais contrairement aux affirmations de certains de nos collègues ("Le Figaro" du 7/01/2013), selon lesquels rien ne permet d'écarter l’existence d’un danger – quel danger ? – pour ces enfants, rien non plus, à ce jour, ne permet d'affirmer l'existence d'un tel risque. Des études existent, elles semblent plutôt rassurantes, avec bien sûr des réserves concernant notamment le caractère souvent militant de leurs promoteurs.

D'autre part, à propos de l'adoption voire de la PMA "pour tous", on voit souvent mettre en avant l'argument ultime du droit de l'enfant, en opposition à celui, contesté, du droit à l'enfant. Certes c'est bien l'intérêt de l'enfant que nous défendons tous, quelles que soient nos convictions philosophiques ou religieuses et le jugement très respectable de personnalités éminentes, comme celui du grand rabbin Gilles Bernheim, fréquemment repris, nous interpelle.

Mais alors pourquoi cette critique en règle du droit à l'enfant n'émerge-t-elle que maintenant, vis à vis des couples homosexuels, alors qu'elle concerne massivement et depuis longtemps des couples traditionnels ou des célibataires ?

Nous nous défendons de toute posture idéologique ou morale à travers ces propos ; nous partons simplement des faits observés quotidiennement, pour tenter d'en déduire des idées générales et pas l'inverse. Puisse cette démarche servir le débat actuel et le purger des a priori qui le desservent.

source:nouvelobs.com

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