Après la Gay Pride, la Veggie Pride
Après la Gay Pride, la Veggie Pride
Manifestation
Cinq cents à 1000 militants antiviande vont défiler le 18 mai pour dénoncer les discriminations dont ils s’estiment victimes.
«Les gays sont mieux traités que les gens qui ne mangent pas de produits d’origine animale! Jamais un médecin ne dirait à un homo d’arrêter d’être homo. Par contre, beaucoup ne cessent de nous dire de manger de la viande!»
A l’instar du Lausannois Anushavan Sarukhanyan, les organisateurs de la Veggie Pride organisée à Genève la semaine prochaine ne font pas dans la demi-mesure pour exposer leurs vues. Outre une marche à travers la ville, le 18 mai, dont le nom fait écho aux fameuses gay prides, ils prévoient de remettre une pétition à l’ONU pour demander davantage de respect pour leur choix. Leurs cibles: les repas «carencés» dont ils déplorent devoir se satisfaire dans les cantines. Ils demandent aussi une meilleure formation des médecins, qui leur permettrait d’être plus en mesure d’expliquer aux végétariens et végétaliens (qui refusent la viande et les produits dérivés des animaux: les œufs, le miel, le lait…) comment éviter les carences.
Pour montrer que l’on peut se passer de viande sans devenir faiblichon, un boxeur vegan fera aussi une démonstration, le 17 mai. Une manière de se démarquer de l’image de sensiblerie que les carnivores collent parfois aux végétariens: «Beaucoup n’osent pas faire de prosélytisme pour éviter les moqueries, note Anushavan Sarukhanyan. Ils préfèrent dire qu’ils n’aiment pas le goût de la viande.»
«J’ai des amis végétariens!»
Discriminés, les antibidoches? En tout cas pas chez José Naef, de l’association vaudoise des maîtres bouchers charcutiers: «J’ai des amis qui ne mangent pas de viande.» S’il n’envisage pas une «Babarque Pride» dans le futur, il précise: «Si je croise un végétarien, je ne lui mets pas mon poing dans la figure, loin de là. Par contre, certains ne se gênent pas pour casser nos vitrines.»
Lui-même omnivore, l’expert en nutrition Julien Venesson juge aussi qu’un manque de sensibilisation à l’alimentation sans viande pose problème chez les médecins. Il croit possible une alimentation équilibrée avec de telles limites, même si cela suppose des connaissances assez poussées.
«C’est vrai que nous autres généralistes ne sommes pas très bons pour conseiller les gens aux régimes extrêmes, reconnaît Michaël Hagmann, de la Société vaudoise de médecine. Je leur conseillerais de faire des listes de médecins «veggie friendlies», comme l’ont fait les homosexuels à leur niveau.»
(Le Matin)
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