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Aillagon : "J'ai été traité médicalement" pour homosexualité
L'ex-ministre de la Culture, qui a signé le manifeste "Pour nous, c'est oui !", rappelle que l'homosexualité a longtemps été considérée comme une maladie.
"Pour nous, c'est oui !" : "le Nouvel Observateur" a lancé le 10 janvier un manifeste en faveur du mariage pour tous, signé par plusieurs dizaines de personnalités (artistes, intellectuels, politiques, psychanalystes, sportifs...) et rejoint chaque jour par des centaines de nouveaux signataires (plus de 3000 à ce jour).
Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac (2002-2004), explique pourquoi il a dit oui :
Quand j’étais ado à Toulouse, les boites gays étaient interdites. Il fallait aller dans le département voisin pour sortir. Quand on a connu ça, on comprend mieux les crispations autour du débat sur le mariage pour tous. Et on ne peut que se féliciter du projet de loi… Comme beaucoup d’homos de ma génération, j’ai voulu d’abord me conformer à un modèle social. Je me suis marié, j’ai eu deux enfants. Et puis dans les années 70, je me suis affranchi de ce carcan, mon épouse m’a d’ailleurs beaucoup aidé, c’est elle qui a eu le courage de partir, elle m’a affranchi.
Ce fut une période douloureuse. Cela a indigné ma famille, sa famille. J’ai été traité médicalement : à l’époque, l’homosexualité, c’était une maladie. J’ai suivi des traitements hormonaux, même des cures de sommeil : les médecins pensaient que l’homosexualité était une forme de dépression nerveuse. Et puis j’ai réalisé que je n’avais pas de problème de santé, j’étais homosexuel, voilà tout. Ensuite, je me suis assumé, dans les années 80, j’ai vécu avec mon compagnon, officiellement, je ne me cachais pas. C’est vrai que j’étais dans un milieu ouvert, ça aide. Mais même quand j’ai été ministre, ce n’était pas un sujet. J’en avais de toute façon parlé dans une interview, deux mois auparavant, on m’avait interrogé sur le sujet, et logiquement, j’ai été transparent."
Propos recueillis par Doan Bui - Le Nouvel Observateur
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