HARCÈLEMENT À L’ÉCOLE: DYLAN A VÉCU UN CALVAIRE À JEAN MACÉ PARCE QU’IL EST HOMOSEXUEL
Insultes, moqueries, coup de poings... Les violences, qu’elles soient physiques ou morales, sont toujours extrêmement difficiles à vivre pour les élèves qui en sont victimes.
ET, BIEN SOUVENT, CE MAL EST INVISIBLE PARCE QUE LES JEUNES HARCELÉS EN PARLENT PEU, OU NE SE SENTENT PAS SUFFISAMMENT ÉCOUTÉS. C’EST LE CAS DE DYLAN, 18 ANS, VICTIME DE HARCÈLEMENT PENDANT SON ANNÉE DE TROISIÈME AU COLLÈGE JEAN MACÉ. « C’ÉTAIT IL Y A 4 ANS, EXPLIQUE L’ADOLESCENT, LORSQUE QUE JE SUIS ARRIVÉ EN CLASSE TOUT LE MONDE SAVAIT QUE J’ÉTAIS HOMOSEXUEL ». DÈS LORS DÉMARRE UNE ANNÉE DE « CALVAIRE », DIT-IL. UN ENFER POUR LUI DE SE RENDRE AU COLLÈGE OÙ UN « GROUPE DE TROIS ÉLÈVES » DE SA CLASSE, L’INSULTE TOUS LES JOURS À CAUSE DE SON ORIENTATION SEXUELLE. « JE ME SOUVIENS D’UN JOUR EN COURS D’INFORMATIQUE, ILS S’ÉTAIENT AMUSÉS À CRÉER UN SITE AVEC MON NOM, PRÉNOM ET MA PHOTO ; ET ILS ONT ENVOYÉ L’ADRESSE DU SITE À TOUT LE COLLÈGE », RACONTE-T-IL. LES SOUVENIRS DE CETTE PÉRIODE RESTANT TOUJOURS AUSSI PRÉCIS DANS SON ESPRIT. UNE ANNÉE ENTIÈRE À SUBIR LES MOQUERIES DE SES CAMARADES, UNE ANNÉE PENDANT LAQUELLE, DYLAN A EU LA SENSATION DE NE « PAS DU TOUT ÊTRE ÉCOUTÉ ». « LES PROFESSEURS ONT FAIT SUPPRIMÉ LE SITE INTERNET, MAIS IL N’Y A RIEN EU DE PLUS »,DÉPLORE LE JEUNE HOMME. SES HARCELEURS ONT ÉTÉ CONVOQUÉS,« MAIS COMME C’ÉTAIT LA PREMIÈRE FOIS ILS N’ONT PAS ÉTÉ SANCTIONNÉS »,EXPLIQUE DYLAN. C’ÉTAIT LE PREMIER ACTE VISIBLE, MAIS LES MOQUERIES ONT CONTINUÉ. « QUELQUES PROFESSEURS M’ONT SOUTENU, ILS M’ONT DIT QUE JE NE DEVAIS PAS ME LAISSER ALLER, ET J’AI AUSSI PARLÉ AVEC L’INFIRMIÈRE SCOLAIRE, MAIS C’EST TOUT. »
Pas suffisamment écouté
Dylan ne s’est pas senti « du tout » suffisamment écouté. L’année de troisième s’est terminé, mais le harcèlement n’a pas pris fin pour autant. Pendant ses deux années de 4ème et 3ème, Dylan a, en fait, travailler en alternance dans la boulangerie du père de son harceleur... Le harcèlement se poursuivait donc là-bas, et s’est poursuivi après l’obtention de son brevet.« Cela a repris quand j’ai commencé à travailler là-bas à plein temps. » Dylan se fait insulter par le père de son harceleur, ce sont des « PD », des « Qui fait la femme et qui fait l’homme ». Des moqueries intempestives que le jeune homme encaisse chaque jour, sans plus rien dire. Il n’en parle pas à ses parents,« parce que mon patron avait laissé une note comme quoi si je portais plainte pour propos homophobes, il porterait plainte contre mes parents ». La peur des représailles le tenaille, mais au bout d’un an et demi à subir ces insultes, Dylan craque et fait une tentative de suicide en mars dernier. Ses parents apprennent que le harcèlement n’a pas cessé, le pousse à porter plainte.« Je les aie attaqué en justice en avril, explique aujourd’hui le jeune homme, une confrontation a eu lieu au mois d’août, et j’attends maintenant le procès ». Même si les souvenirs de ce harcèlement sont encore très récents et toujours douloureux, Dylan a souhaité témoigner en cette journée nationale,« pour que les personnes soient aidés. Il est important que cela s’arrête, il faut que l’écoute soit renforcée »
http://m.nordlittoral.fr/

/image%2F0275172%2F20150501%2Fob_53298e_1012891-672090756222294-73091257969230.jpg)
Commenter cet article