"Petit garçon aux cheveux longs", un livre de...
"Petit garçon aux cheveux longs", un livre de Julian L. sur la transidentité
Julian L. pouvez-vous nous parler de vous ?
Je souhaite garder l'anonymat voila pourquoi j'ai publié sous JULIAN L. Ce que je veux, ce n'est pas être connu ou reconnu, mais je le souhaite à mon livre car je sais qu'il peut aider les autres.
Je ne saurai trop comment parler de moi. Si ce n'est que j'ai bientôt 36 ans, je suis né dans les Pyrénées atlantiques de parents immigrés. Je suis un garçon comme les autres, je suis en couple avec une femme qui connaît mon passé et qui m'aime comme je suis aujourd'hui. Épanoui et bien dans ma peau. Je me consacre à l'écriture depuis quelques années et prépare la sortie d'un prochain livre.
J'ai voyagé une grande partie de mon enfance. L'Afrique, l'Amérique Latine, l'Espagne, le Portugal et bien d'autres pays dont j'ai appris la langue, les coutumes...
Après des études de Tourisme Hôtellerie, je me suis orienté vers le domaine de l'animation. Cela m'a permis de m'épanouir, de rencontrer des gens et surtout d'exercer un métier qui me plait.
Autodidacte, la musique me passionne et j'apprends à jouer du piano.
Adolescent, je prend plaisir à écrire des textes sur une vieille machine à écrire.
Pouvez-vous maintenant nous parler de votre livre ?
Pour vous parler de ce livre à ma façon, je dirai que ce livre nous parle d'un enfant de 6 ans qui affirme ne pas être né dans le bon corps. Il raconte son mal être, ce qu'il ressent mais sans savoir de quoi il s'agit. La société voudrait qu'il soit dans une case "homo" mais pour lui, celle-ci ne lui convient pas. Il découvre en grandissant qu'il s'agit de transidentité. Il s'engage dans un long combat... Il doit faire face à l'incompréhension de sa famille et son entourage.
On y retrouve cette conversation à l'âge de 17 ans qu'il a avec son père: « Ne vois tu pas mon désespoir papa ? Ne vois-tu pas ma peine, ma douleur, mon mal de vivre dans ce corps qui n'est pas le mien ? »
Et cette lettre qu'il envoi à son père 13 ans plus tard pour lui dire:
« On s’était dit adieu et il m’avait renié. Je ne devais plus l’appeler « Papa ». Malgré ces mots 'doux', il restait à mes yeux mon père et j’estimais qu’il avait le droit de savoir. »
Dans cette lettre, je lui expliquais toutes les souffrances morales et physiques que je supportais depuis de nombreuses années. Je voulais qu'il sache combien j'avais mal. Déjà 13 ans que j'attendais ce moment, où je lui annonce que je suis enfin prêt pour mon parcours. Je partageais avec lui mes envies de suicide. Je refusais de vivre dans ce corps qui n'était pas le mien.
J'étais conscient de la déception que mon changement causerait à ma famille.
Vivre avec un secret c'est déjà difficile mais quand on en a plusieurs... Se sentir coupable de certaines choses que les adultes font, c'est une injustice. Voler tout une vie à un être innocent c'est encore pire. J'ai la chance de pouvoir vivre une deuxième vie et cette fois, celle que j'ai choisi. Je n'ai qu'à regarder les cicatrices sur mon corps pour me rappeler cette souffrance du passé. Mais rien, oui! Rien ne pourra effacer, gommer, atténuer les blessures que j'ai à l'intérieur. Ce livre a été en quelques sortes, un défouloir, je pouvais tout lui dire. Il m'a ouvert les yeux et libéré d'une emprise que mon père exerçait sur moi et cela même en étant loin de lui. Plus j'écrivais, plus les mots s'alignaient et plus ma haine se ranimait au vu de tout ce qu'il m'avait dit et fait.
En refermant ce livre, j'y ai laissé tout mes secrets, mes peines et mes regrets. J'ai ouvert un nouveau livre pour écrire une nouvelle vie.
Voilà cette histoire c'est la mienne et comme toute personne j'ai un passé avec lequel j'ai dû apprendre à vivre. Cela n'as pas été facile et parfois, c'est vrai j'ai souvent voulu en finir plus d'une fois... J'ai dû m'éloigner des miens pour pouvoir aller jusqu'au bout de mon rêve, celui d'être ENFIN MOI.
source:http://le-refuge.org/news/julian_l.php
Présentation par Julian L.
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